Moshé Dayan, personnalité militaire et politique d’Israël

Moshé Dayan, qui a marqué de son empreinte la vie militaire et politique de l’Etat d’Israël, est né le lendemain de la fête de Shavouoth, le 7 Sivan 5675, 20 mai 1915. Au cours de sa carrière politique, il a été ministre de l’Agriculture (de 1959 à 1964), ministre de la Défense (de 1967 à 1974) et ministre des Affaires étrangères (entre les années 1977 et 1979).

Moshé Dayan a vu le jour au Kibboutz Degania, près du Lac de Tibériade. La Palestine était alors sous la domination de l’empire ottoman. Ses parents, Shmouel et Devorah Dayan, étaient des immigrants juifs originaires de la ville de Zhashkiv, en Ukraine.

A l’âge de 14 ans, Moshé Dayan a rejoint les forces de défense juives (Haganah) et en 1938, il a été incorporé dans la police surnuméraire juive, force de maintien de l’ordre constituée de policiers juifs mise sur pied par les Britanniques en 1936 à la suite de la grande révolte arabe en Palestine mandataire. Près de 22 000 hommes, armés et entraînés par les Britanniques, avaient pour principale mission d’assurer la protection des colonies juives. Les policiers formés dans cette unité ont constitué le noyau de la Haganah, principale composante des Forces de défense israéliennes qui ont combattu contre les Arabes pendant la guerre de l’Indépendance en 1948.

C’est en 1941 que Moshé Dayan a perdu son œil gauche, alors qu’il combattait en Syrie sous la 7e division australienne de l’armée britannique contre les troupes françaises de Vichy.

Sa carrière militaire a débuté par sa nomination à l’état-major général de la Haganah, en 1947. Il a alors été chargé des affaires arabes et plus particulièrement du recrutement d’agents de renseignements permettant d’apporter des informations sur les forces arabes irrégulières.

Le 25 octobre 1949, il est promu général de division et nommé commandant de la zone militaire Sud. En 1950, Dayan a adopté une politique de raids de représailles contre les fedayins qui menaient des attaques contre les Israéliens.

En 1952, le nouvel Etat a traversé une grave crise économique et a dû réduire de 20 % son budget, ce qui a touché notamment celui de la Défense. Face à ces exigences, Yigael Yadin a démissionné de son poste de chef d’état-major et a été remplacé par Mordechai Maklef. En décembre 1952, Dayan a été promu chef de la branche des opérations, deuxième poste le plus élevé au sein de l’état-major général.

En 1953, David Ben Gourion, chef du gouvernement et ministre de la Défense, a commencé à préparer sa retraite. Il a alors désigné Pinhas Lavon au poste de ministre de la Défense par intérim. Lavon et Maklef n’ont pas pu travailler ensemble et Maklef a démissionné. Dayan a alors immédiatement été nommé à sa place. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Dayan a procédé à une réorganisation majeure de l’armée israélienne.

En juillet 1953, alors qu’il était à l’état-major, Dayan a participé à la mise en place de l’unité 101, qui devait se spécialiser dans les raids de représailles nocturnes contre les terroristes aux frontières d’Israël. Au départ, il n’avait pas été favorable à la création d’un tel groupe.

Entre les années 1955 et 1956, Moshé Dayan et Shimon Peres ont négocié une série de gros contrats d’armement avec la France.  

En tant que chef d’état-major des Forces de défense israéliennes, Moshe Dayan a personnellement commandé les forces israéliennes combattant dans le Sinaï pendant la crise de Suez en 1956.  

En 1959, un an après avoir pris sa retraite de Tsahal, Dayan a rejoint le Mapaï, le parti israélien de centre-gauche, alors dirigé par David Ben Gourion. Jusqu’en 1964, il a été ministre de l’Agriculture. En 1965, Dayan s’est joint au groupe des fidèles de Ben Gourion qui ont quitté le Mapai pour former le parti Rafi. Le Premier ministre Levi Eshkol n’appréciait pas trop Moshé Dayan mais lorsque les tensions ont commencé à monter au début de 1967, en raison de sa popularité et de son charisme, il l’a nommé ministre de la Défense pour remonter le moral du public et amener Rafi dans un gouvernement d’unité.

Lorsque Golda Meir est devenue Premier ministre en 1969, à la mort de Levi Eshkol, Dayan a conservé son poste de ministre de la Défense. Et il l’occupait toujours lorsque la Guerre de Kippour a éclaté. Etant donné qu’il était le plus haut responsable de la planification militaire, Dayan fait sans aucun doute partie de ceux qui sont responsables du manque de préparation d’Israël.      

Après la Guerre de Kippour, Dayan a disparu pendant quelques temps de la scène politique. Puis en 1977, bien que réélu à la Knesset en tant que membre du ‘Maarah’’ (fusion du Mapaï, formation de gauche, et de l’Union travailliste), il a accepté le poste de ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement mené par le Likoud et dirigé par Menahem Begin.

Exclu de son parti, il a siégé au parlement en tant que député indépendant. Dans le cadre de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration des accords de Camp David (accord de paix avec l’Égypte). Dayan a démissionné de son poste en octobre 1979, en raison de désaccords avec Begin. En 1981, il a fondé un nouveau parti, Telem (mouvement pour le renouveau national), qui a obtenu deux sièges lors des élections de 1981. Mais Dayan est décédé peu de temps après.

De son premier mariage avec Ruth Dayan, décédée l’an dernier à l’âge de 104 ans, il a eu trois enfants : Yael, ancienne députée, Ehoud et Assaf, tous deux décédés. Le couple a divorcé après 36 ans de vie commune et Moshé Dayan s’est remarié trois ans plus tard avec Rachel Korem.

Moshé Dayan est décédé des suites d’un cancer dont il souffrait depuis plusieurs années. Il s’est éteint à Tel Aviv le 19 Tichri 5742, 16 octobre 1981, à l’âge de 66 ans. Il a été enterré au cimetière de Nahalal, village où il avait été élevé.