Décès d’une ancienne députée de la Knesset à l’âge de 102 ans !

Tamar Eshel, ancienne députée de la Knesset, vient de décéder à l’âge de 102 ans. Le président de l’Etat d’Israël, Yitshak Herzog, lui a rendu hommage, soulignant qu’elle était « parmi les derniers représentants d’une génération en train de disparaître, la génération des fondateurs, combattants et bâtisseurs, qui avait apporté sa contribution au sionisme et participé à la création de l’Etat d’Israël ». Il a ajouté : « J’aimais beaucoup Tamar, je voyais en elle la réalisation de la chaine des générations. Sa contribution est inestimable. Que sa mémoire soit bénie ».

Tamar Eshel est née en juillet 1920 à Londres où ses parents effectuaient une mission de quelques années pour la Direction sioniste. Toute la famille est rentrée en 1923 en Eretz Israël et s’est installée à Tel Aviv. Deux ans plus tard, elle a déménagé à Haïfa.

Dès sa plus tendre jeunesse, Tamar Eshel a été très active dans la défense des Juifs d’Eretz Israël, œuvrant notamment au sein de la Hagana. Elle a ensuite poursuivi ses études en Angleterre.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, a indiqué au Jerusalem Post Moshé Fuksman-Shaal, directeur du musée de la Knesset, elle s’est portée volontaire dans une usine de fabrication de tourelles de mitrailleuses pour avions de chasse et a été promue à la tête de la chaîne de production », soulignant « qu’elle était la seule femme dans ce rôle difficile ».

Il a encore indiqué qu’au début de l’année 1943, elle s’était portée volontaire pour devenir chauffeur en Ecosse pour l’armée britannique. En août 1944, elle a été transférée en Égypte. Elle a d’abord été placée dans le service du renseignement militaire britannique au Caire, mais elle a été démise de ses fonctions lorsque ses liens avec la Palestine ont été connus ».

Après la guerre, Eshel s’est rendue à Marseille pour s’occuper de l’Aliyah D et envoyer des rescapés des camps de la mort en Palestine avec de faux papiers. C’est là qu’elle a connu son premier mari Lionel Schwartz, volontaire de Tsahal originaire d’Afrique du Sud, qu’elle a épousé en 1948. Après quatre ans de mariage et la naissance d’une fille, le couple a divorcé.

Après la création de l’Etat d’Israël, Tamar Eshel a occupé plusieurs fonctions au ministère des Affaires étrangères avant d’être nommée membre de la délégation permanente d’Israël à l’Onu, entre les années 1955 et 1958. Par la suite, pendant une trentaine d’années, elle a continué à représenter Israël dans divers organes des Nations Unies.

En 1960, elle s’est remariée avec Aryeh Eshel (1912-1968), diplomate, qui a rempli plusieurs missions de consul et d’ambassadeur au sein du ministère des Affaires étrangères.

Dans les années 1970, Eshel a été membre du conseil municipal de Jérusalem et adjointe au maire Teddy Kollek. Elle a également été à la tête de l’organisation des femmes Na’amat, jusqu’à son élection à la Knesset en 1977 sur la liste du Maarah’ (liste commune du parti travailliste et du Mapam). Elle a conservé son siège de députée aux élections de 1981 et est restée en fonction jusqu’au scrutin de 1984. Après avoir pris sa retraite du conseil municipal en 1983 et de la Knesset en 1984, elle s’est portée volontaire dans diverses organisations.  

Tamar Eshel a laissé six petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants.