Concours biblique : histoire d’une véritable institution

Cette année encore, nous avons été éblouis et impressionnés par l’érudition et l’aisance des candidats au concours biblique international pour la jeunesse juive qui s’est déroulé, comme de coutume, au cours de la matinée de la fête de l’Indépendance d’Israël, Yom Haatsmaout.

Le vainqueur, Guilad Abrahamoff, élève de la Yeshiva du Bné Aquiba de Netanya, doit bientôt fêter ses 18 ans. Après avoir tenté à quatre reprises de gagner le concours, il ne s’est pas découragé et doit sa victoire, sans aucun doute, à sa détermination et à son travail acharné, et, bien entendu, à ses immenses connaissances.

Le concours biblique international pour la jeunesse juive est devenu un événement incontournable de la Journée de l’Indépendance d’Israël, célébrée le 5 Iyar. Se déroulant chaque année au cours de la matinée de cette fête nationale religieuse, il est suivi par un très grand nombre d’Israéliens et de Juifs de diaspora.

Et comme il s’agit d’un événement sponsorisé officiellement par le gouvernement israélien et l’Agence Juive, il est présidé par le Premier ministre, le ministre de l’Education et le président de l’Agence Juive.

Découvrir les connaissances et les compétences des candidats, d’Israël et du monde entier, qui font preuve d’une maitrise de soi et d’une érudition impressionnantes, est un plaisir renouvelé chaque année. On ne peut que ressentir de la fierté pour ces jeunes gens, garçons et filles, qui ont consacré beaucoup de temps à l’étude des textes de la Bible (Tanah’) avant d’affronter cette compétition très difficile.

Le H’idon Hatanah’, qui a vu le jour en 1958 à l’occasion du dixième anniversaire de l’Etat d’Israël, était au départ réservé aux adultes. Ses concepteurs avaient pour objectif de renforcer le lien entre le peuple juif et le Tanah’. En 1961, le professeur Haïm Gavrihou a eu l’idée d’organiser en parallèle un concours similaire pour la jeunesse. Les organisateurs lui ont conseillé de soumettre sa proposition au Premier ministre de l’époque, David Ben Gourion. Celui-ci a soutenu cette initiative et a ordonné que la compétition ait lieu chaque année le jour de Yom Haatsmaouth.

Le concours réservé aux jeunes a remporté un grand succès alors que celui qui s’adressait aux adultes intéressait moins le public. Il a d’ailleurs été suspendu au début des années 1980 et n’a refait son apparition qu’il y a une dizaine d’années.  

La première compétition pour les jeunes a eu lieu en 1963 et la suivante deux ans plus tard, en 1965. Ensuite, elle s’est déroulée chaque année le jour de l’Indépendance, à l’encontre de la proposition du Premier ministre de l’époque Levi Eshkol, qui voulait que le concours ait lieu le Jour du Souvenir, Yom Hazikaron. 

Jusqu’en 1973, le H’idon Hatanah’ s’est tenu à Beth Ha’am (la Maison du Peuple), à Jérusalem. Depuis 1974, il se déroule au théâtre de Jérusalem et est diffusé en direct par les différentes chaînes de télévision israéliennes et sur les sites Internet.

Ce concours, qui favorise des rencontres entre jeunes, a permis récemment à deux lauréats de mieux se connaître et de décider finalement … de se marier. C’est ce qui est arrivé à Azriel Shilat, qui a remporté la compétition en 2018, et à Oria Cohen, arrivée à la seconde place. Tous deux lycéens, ils étaient alors âgés de 17 ans. Ils sont restés en contact jusqu’au jour où Azriel a demandé la main de la jeune fille.

Avshalom Kor,  le légendaire présentateur de ce concours, très ému par cette union, avait alors déclaré à la presse : « Lorsque David Ben Gourion a décidé d’instituer le H’idon Hatanah’ lors de la célébration du dixième anniversaire de l’Etat d’Israël, s’inspirant de l’idée de Ora Herzog (mère de l’actuel président de l’Agence Juive Itshak Herzog), il considérait que cela permettrait de renforcer le lien des Juifs de diaspora avec la terre d’Israël. Et en effet, presque tous ceux qui ont participé au concours, pendant près de soixante ans, ont quitté leur pays natal et vivent aujourd’hui en Israël ».

Et il avait conclu en affirmant : « Il n’existe pas d’amour plus grand que celui du peuple d’Israël pour le ‘Livre des Livres’ et celui de fiancés qui aiment le Livre et qui s’aiment ».